lundi 14 janvier 2008

L'année 1967


En avril 1968, quelques temps avant le mois d'après (notez la logique poétique qui m'anime aujourd'hui), un éditorialiste écrivait, dans le Monde: "La France s'ennuie". Oui, la jeunesse gaullienne finissait par s'emmerder, et par avoir envie de lancer des pavés.

Jeune homme bien né, reçu à l'Ecole Centrale, Antoine devait bien s'ennuyer, lui aussi, et la perspective d'une carrière lisse d'ingénieur-fils-à-papa n'était pas pour le réjouir. Alors, en cette année 1967, fraîchement diplômé, il se lance dans la chanson. La France d'alors est hystérisée par les Beatles, auxquels il fallait bien songer à trouver un contre-poids cocorico. On pourra toujour se gausser, aujourd'hui, des "Oh yé!" d'Antoine, et le moquer d'avoir été la caution djeuns d'une année morne. Le yéyé, une bête tentative d'exporter le rock'n'roll, et juste une musique à faire se dandiner les petites bourgeoises déniaisées dans les surboums sans alcools?

Réécoutant les Élucubrations, je les trouve d'une poésie et d'une justesse d'actualité. La pilule dans les Monoprix et Johnny Hallyday en cage? Ça me parle. J'aimerais entendre ça dans la chanson française contemporaine, au lieu des susurations niaises de la pute du président.

Petit morceau que j'aime beaucoup:
"Le juge a dit à Jules vous avez tué
Oui j'ai tué ma femme, pourtant je l'aimais,
Le juge a dit à Jules vous aurez vingt ans,
Jules a dit quand on aime on a toujours vingt ans."



Antoine est depuis parti tout seul sur son bateau, et revient de temps en temps faire une pub pour une chaîne d'opticiens quand il a besoin d'un peu de tune pour continuer à naviguer. Après tout, pourquoi pas. Bon vent!

antoine.tv

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