vendredi 30 novembre 2007

Good beer, good cheer

The Portland Arms est un pub anglais typique qui sent la bière et les frites, et où le parterre est tout collant à cause des boissons renversées. Au fond, juste à côté des Gents, on trouve une minuscule salle de concert, à l'accoustique pas si mal bien qu'artisanale, contenance maximale si l'on respectait les règles de sécurité: disons, une cinquantaine de personnes. Et pourtant, ils arrivent à faire venir des grands groupes ici.

Asobi Seksu veut dire sexe étrange en japonais, ou quelque chose du genre. C'est aussi un groupe de musique un peu étrange, mais fort bon. Un tout petit bout de femme, japonaise donc, chante d'une voix limpide et franche des mélodies précises, soutenue par de bons rockers américains. L'atmosphère qui s'en dégage est celle d'un heureux mélange, non exactement des genres, mais des supports et des lignes mélodiques et rythmiques. Les chansons sont bien construites et surtout la recherche mélodique dont le groupe fait preuve est assez rare en rock ces temps-ci. Il y a là à la fois de quoi danser et de quoi écouter dans sa baignoire, sans contradiction; j'applaudis.

Asobi Seksu

En première partie, Scanners, que j'avais entrevus aux Eurockéennes de Belfort l'été dernier. Le look de la guitariste rappelle celui des Plasticines, frange sous les yeux et air apathique; mais cette fois j'ai réussi à dépasser cette mauvaise impression. Certes, ils n'ont rien de fondamentalement exceptionnel, mais ce sont là des artisans du rock qui font bien leur travail, tout simplement. Le résultat est agréable à écouter et dansant comme il faut; ne cédons donc pas à la bof-attitude qui prévaut sur la face de la jeune fille à la guitare.

Scanners

mardi 27 novembre 2007

Quartier Latin


Le dernier film de Wes Anderson, Darjeeling Limited, voudrait, au moins musicalement, marcher sur les pas de Tarantino. Ce n'est pas encore tout à fait ça, évidemment (par exemple, Tarantino n'aurait pas mis simplement "Aux champs Élysées" de Joe Dassin au générique de fin, il en aurait dégoté une version japonaise et fait faire un remix électro par un de ses potes), mais on y trouve une chanson fort amusante de Peter Sarstedt, dont les paroles m'ont rappelé ma ville, snif, snif. Un sommet de kitsch franglais par un beau à moustache.

Where do you go to my lovely

You talk like Marlene Dietrich
And you dance like Zizi Jeanmaire
Your clothes are all made by Balmain
And there's diamonds and pearls in your hair

You live in a fancy appartement
Of the Boulevard of St. Michel
Where you keep your Rolling Stones records
And a friend of Sacha Distel

But where do you go to my lovely
When you're alone in your bed
Tell me the thoughts that surround you
I want to look inside your head

I've seen all your qualifications
You got from the Sorbonne
And the painting you stole from Picasso
Your loveliness goes on and on, yes it does...

A écouter là:



La nostalgie d'expatriée peut vous faire aimer n'importe quoi.

vendredi 23 novembre 2007

Notes sur le rapport Olivennes

Denis Olivennes, qui dirigeait la mission sur la lutte contre le téléchargement illicite, vient de rendre son rapport au Président de la République. Le texte est disponible notamment sur Le Monde.fr. Je voudrais faire quelques remarques, dans la limite de mes compétences.

1) Denis Olivennes est le PDG de la Fnac. Autrement dit, c'est un disquaire. Je trouve curieux qu'un rapport soit confié à quelqu'un d'aussi directement concerné par le problème posé, donc a priori susceptible d'être orienté par ses propres intérêts. A ma connaissance, celà n'est pas de tradition dans l'histoire parlementaire française. Ce n'est même plus du lobbying, puisqu'on donne directement et surtout officiellement aux industriels la liberté d'établir la défense de leurs industries.

2) Dans son introduction, le rapport pointe la nocivité du téléchargement illégal: "cette consommation illégale est aujourd'hui une source de destruction de valeur; en affaiblissant la rémunération des créateurs, le financement de la production et l'efficacité économique de la distribution, elle compromet la diversité des oeuvres et constitue une menace pour la création, donc pour l'identité de la France et de l'Europe".
La créativité d'un pays est évidemment difficile à mesurer, et le document se garde d'ailleurs bien de donner des chiffres sur ce point. Mais il me paraît évident que la créativité est au contraire dopée par internet (indépendemment des questions de téléchargement), et que la quantité de "contenus" disponibles est en augmentation constante, notamment grâce au streaming; la qualité n'est certes pas toujours au rendez-vous, mais les internautes font eux-mêmes le tri. La diversité des oeuvres n'est donc, à mon sens, aucunement menacée, elle est même encouragée puisqu'internet permet de rendre audible des artistes non signés par des grands labels, que l'on pourrait éventuellement accuser de contribuer de leur côté à une uniformisation des styles et des goûts. Quant à la rémunération des créateurs, elle est certes amoindrie si l'on regarde les ventes de disques, mais les jeunes artistes, je crois, en prenne acte et se concentrent vers d'autres sources de revenus, comme les concerts (on peut d'ailleurs remarquer que la rémunération des artistes se produisant en festival a radicalement augmenté ces dernières années).
L'identité de la France et de l'Europe? Moi je trouve plutôt rassurant que ce ne soit plus Vivendi Universal qui la représente exclusivement.

3) Le paragraphe 1.1.3 souligne que "le piratage a des effets économiques négatifs". Les preuves fournies en sont principalement la baisse des ventes de disques, non compensée par l'augmentation encore très faible des achats légaux sur internet. Par là, on voudrait prouver que, globalement, moins d'argent est affecté à la consommation de biens culturels. Or, pour prouver que l'effet économique global est négatif, il faudrait prendre en compte non seulement les résultats des disquaires, mais aussi ceux des salles de concert, des opérateurs de téléphonie qui diffusent des concerts par téléphone portable (voire les accords passer entre La Cigale et SFR), des organisateurs de festivals... Il est assez probable que, même en prenant tout cela en considération, on aboutisse tout de même au constat que l'on consomme globalement moins pour la musique. Mais il est regrettable que justement on ne nous fournisse pas ces chiffres et qu'on se concentre sur les difficultés particulières d'une branche de ce vaste secteur, branche dont la Fnac fait d'ailleurs partie. CQFD.

4) Il est étrange qu'il ne soit quasiment pas question ici de la propriété intellectuelle. C'est cependant le seul argument dont on dispose pour dire que le téléchargement est illégal. Le fait qu'il pénalise les disquaires n'en fait pas en soi un acte illégal; or c'est la seule chose dont on nous parle. Mais le rôle de l'Etat n'est pas de défendre une industrie ou un commerce dépassé (il est par contre de protéger les salariés de ces branches contre les difficultés de la reconversion). Que l'électricité ait fait baisser la vente de charbon ne rend pas l'électricité illégale, au contraire, que les industries les plus performantes chassent les autres, c'est le fondement du système économique dans lequel nous vivons. C'est donc uniquement la défense de la propriété intellectuelle qui aurait dû sous-tendre le rapport; or ce n'est pas le cas. L'une des recommandations, la baisse de la TVA sur les prix du disque, vise directement la défense des vendeurs de disques (donc la Fnac...) On ne se plaindra pas d'une telle baisse, simplement elle n'a pas grand chose à faire avec la lutte contre le téléchargement.

5) Je laisse les autorités compétentes se prononcer sur la faisabilité des recommandations, et sur leur constitutionnalité (il me tarde notamment d'entendre l'avis de la CNIL). Ce que j'en entends pour l'instant laisse à penser que les avancées sont minces. Il faut saluer l'idée d'interdire les DRM. Je m'interroge sur "l'institution d'une taxe alimentant des fonds de financement de la création et de la diversité musicales", portant sur les abonnements internet. Cela me rappelle la taxe sur les CD vierges, versée à la SACEM. Ainsi, on paie les ayant-droit, mais c'est quand même interdit de télécharger (ou de graver de la musique); autrement dit, on les paie pour rien. J'ai parfois l'impression qu'on prend les Français pour des cons, mais après tout, pourquoi pas, ils votent comme des cons de toute façon.

6) Où sont toutes les idées intéressantes qui ont émergé ces dernières années? La license globale continue d'être préconisée par de nombreux acteurs et spécialistes. Elle me paraît toujours la solution la plus satisfaisante et la plus efficace pour tout le monde. A la place, on nous propose simplement d'augmenter l'offre légale; certes il y a des progrès à faire dans ce domaine par rapport à d'autres pays, mais c'est s'attaquer au problème de biais, essayer de lutter contre quelque chose de formidable, la culture gratuite pour tous, par quelque chose de moins formidable, la culture payante mais un peu moins chère qu'avant. Evidemment, dans les pays où l'offre légale est plus importante, le téléchargement illégal est légèrement moindre, mais cela n'annule pas du tout le piratage, qui est malgré tout florissant. Alors si l'on veut défendre la propriété intellectuelle, cela impose de changer les cadres de rémunération des ayant-droits et de repenser la répartition des recettes, ce à quoi tend la licence globale.

7) La "démocratisation de la culture" est à la mode en ce moment, avec la promesse de rendre les musées français gratuits pour tous. C'est super, les musées gratuits. Mais on sait que ça ne va pas du tout démocratiser la culture puisque, d'après les études menées dans d'autres pays (Angleterre notamment) la gratuité n'a en rien changé la population fréquentant les musées, qui reste très majoritairement issue des classes supérieures (celles qui pourraient payer de toute façon, donc). A l'inverse, la musique est le loisir le plus populaire, c'est-à-dire le plus universellement partagé; pourquoi ne pourrait-elle pas alors devenir la cible privilégiée des politiques de démocratisation culturelle? Au lieu de (ou en plus de, rêvons un peu) subventionner massivement les musées pour leur permettre de devenir gratuits, l'Etat pourrait subventionner massivement les artistes pour leur permettre de créer sans vendre de disques, puisque toute la musique serait officiellement gratuite... Quel manque cruel d'utopie en ce moment!

J'attends avec impatience le discours de Sarkozy sur le sujet, et je repense au festival de l'île de Wight en 1970, qui s'était terminé aux cris de "Musique gratuite pour tous! Hendriiiiiiix!"

jeudi 22 novembre 2007

Fils et filles de bonne famille


Je m'énerverai une autre fois sur les salles de concert coincées dans des centres commerciaux, car le spectacle valait vraiment, vraiment le coup. Les écossais Sons and Daughters se produisaient le 21 novembre à Islington, et nous régalaient d'un son de niveau équivalent aux meilleurs groupes actuels. La chanteuse, qui ne sait pas danser, peut énerver un peu au début, car sa voix a tendance à rappeler les plus commerciales des vocalises, mais elle est néanmoins puissante et juste et porte certaines chansons à faire danser les morts. Son côté gothique kitch et ses ondulations maladroites m'ont fortement rappelé la Siouxsie. Et le guitariste se défend aussi au chant, auquel il ajoute le charme de sa coupe de cheveux rappelant tellement James Dean (ça ne se voit pas bien sur cette photo...). Mais l'essentiel n'est pas là. Les fils et filles de Glasgow ont intégré le meilleur de l'histoire récente de la musique, du punk à la pop, du folk à la new wave, et en tirent un son exceptionnel de richesse et de sorcellerie évocatoire. On en a dansé à oublier qu'on était en Angleterre. Sur album, ils peuvent aussi être d'une douceur rock incroyable de recherche. Une découverte à ne surtout pas rater. Sur leur myspace, écouter avant tout le magnifique "Rama Lama".

Sons and Daughters

En première partie, Foxface, et leurs gentils masques de renard, qui font de l'indie gentil, ont été malheureusement desservis par des balances mal faites; il y avait pourtant là beaucoup de bonnes choses. Puis le Victorian English Gentlemen Club, intéressants mais trop répétitifs, dont la batteuse a tendance à s'essouffler à force de faire les "whooo" en même temps; mais c'est un groupe prometteur.

Foxface

The Victorian English Gentlemen Club

En tout cas, la scène de Glasgow se défend au moins aussi bien que Manchester, en ce moment.

dimanche 18 novembre 2007

Frustration

Je n'avais pas pris mon billet assez en avance, alors je n'ai pas eu de place dans la fosse, et j'ai été obligée de regarder le spectacle du balcon, assise sur mon siège, sans avoir le droit de me lever pour mieux voir ou manifester ma joie intense à ce concert du Black Rebel Motorcycle Club, le 15 novembre à Londres.

Le BRMC a choisi deux invités pour ouvrir la soirée: d'abord, Sarabeth Tucek, une voix et une guitare. Une parfaite inconnue? Non, je mets quelques temps à la reconnaître, mais c'est la chanteuse du mini-album "We are the radio" du Brian Jonestown Massacre. Ses jolies ballades semblent moins construites quand elle n'est pas soutenue par le groupe d'Anton Newcombe; mais il reste une voix aérienne et un folk bien écrit qui valent définitivement le détour.

Sarabeth Tucek

Ensuite, Nine Black Alps et leur rock franc du collier. Un groupe comme on en entend des centaines: gentiment énervé, doucement violent, écoutable à la récré et pas original. Fatiguant, ces petits jeunes doués mais pas très inventifs, qui ne font que surfer sur la vague.

Nine Black Alps

Venons-en à BRMC. Ils sont là pour soutenir leur quatrième album, et se défendent plutôt bien. La voix trop haineuse de certaines chansons des enregistrements est ici simplement et violemment désespérée. Une mélancolie essentielle qui colle bien avec les poses parfois dylanesques du groupe: ainsi le chanteur, seul sur scène, avec sa guitare et son harmonica... La référence est appuyée mais l'hommage des plus naturels. Ensemble, leur goût de la répétition incantatoire et des rythmes faussement lents créent une atmosphère de communion et une violence sourde à l'opposé de l'hystérie à la mode, un sens du non-dit qui suggère la douleur sans la crier. Le Black Rebel Motorcycle Club a définitivement dépassé son statut de second couteau dans la petite famille du folk-rock américain, et a trouvé sa voix propre. De quoi trépigner sur sa chaise...

mardi 13 novembre 2007

Hillbilly, c'est mon choix


Le hillbilly, une musique pour cow-boys, rednecks et chemises à carreaux, une musique de droite, une musique tout juste bonne à servir de fond sonore à un épisode de La petite maison dans la prairie?

En 1955, l'année de "That's all right mama", un morceau de hillbilly boogie faisait exploser les ventes. "Tennessee" Ernie Ford, petite gloire de la télévision californienne, reprenait une chanson de Merle Travis, un hymne des mineurs, des "pauvres blancs", qui devint sa signature. Voix de stentor, accompagnement de clarinette (pas le moins jazz des instruments) et rythme précis, c'est "Sixteen tons". Un tube qui devrait finir par se retrouver dans un film de Tarantino.



Alors, ami, rappelle-toi que Johnny Cash était un poteau à Dylan, qui lui-même avait tenu à rencontrer Woody Guthrie. Le rock, contrairement à ce qu'on a voulu nous faire croire en 2005, n'est pas né en 1955. Elvis, c'est juste de la country mélangé à du blues.

jeudi 8 novembre 2007

Un clip de 130 minutes?

En réalité, ce n'est pas vendu comme un clip: c'est ce qu'on appelle du cinéma expérimental. Matthew Barney, compagnon de Björk, met en scène son couple (sur une musique de Madame) dans Drawing Restraint 9, étrange objet à la fois surréaliste, kitsch, un peu gore, et terriblement art moderne. Cela se passe sur un baleinier japonais, le ciel est bleu et le navire est blanc... Deux étranges personnages montent à bord, destinés à s'aimer et à se déchirer (au sens propre, c'est la partie gore). Pendant plus de deux heures, Barney utilise le même procédé de montage, des séquences séparés dont les plans respectifs sont mélangés sans jamais créer de rapprochement explicite. On se doute qu'il y a plein d'éléments symboliques là-dedans, mais le commun des mortels passe à côté et ne se console guère avec des images trop léchées, qui sans doute révèlent la réflexion de l'auteur sur un cinéma mainstream qu'il veut refléter pour mieux s'en éloigner, mais qui ont aussi le don de fatiguer un peu. Le film reste extrêmement intéressant, dans sa tentative justement de demeurer elliptique dans son axe paradigmatique, tout en voulant coller à une syntaxe déjà vue, connue et critiquée (montage eisensteinien détourné et image à la clarté poussée à l'extrême). La musique de Björk, toute en lenteur jamais lascive, toujours répétitive, en est l'exact accompagnement. A ne surtout pas écouter sans le film, donc: ça vous ferait vraiment détester la petite Islandaise.

Une autre de ses collaborations à l'art contemporain m'a d'ailleurs beaucoup marquée: une série de diapos de Nan Goldin, Heart Beat. Le chant de Björk, longue messe déchirante, lie les photos entre elles et fait ressortir la beauté, et l'amour, au-delà de l'érotisme parfois cru des images. La tendresse et le sacré, c'est ça qu'il manque trop souvent à la pornographie!

En conclusion, Björk, c'est mieux avec les images... Parce que le son tout seul, parfois, on s'y perd un peu.

samedi 3 novembre 2007

BBC Introducing... de la bonne musique


Les BBC Electric Proms avaient une sélection "BBC Introducing..." qui comme son nom l'indique permettait à de jeunes groupes de bénéficier d'un bon tremplin en les faisant jouer juste avant des têtes d'affiche. Les heureux élus sont ensuite partis en tournée dans le Royaume-Uni, et je suis allée les voir à Cambridge: concert gratuit @ The Junction!

J'ai d'abord le plaisir de revoir Radio Luxembourg, et d'entendre par la même occasion de nouvelles chansons (dont l'une en gallois, et c'est une langue très rauque'n'roll finalement). Même enthousiasme que la dernière fois (voir l'article Electric Proms (1): Quatre garçons dans le vent).

Ensuite, Sam Isaac, chanteur-auteur-compositeur-guitariste soutenu par un groupe disparate (violoncelle notamment). Du folk-rock un peu niais à vrai dire, sentimental mou et vraiment pas original. Bref, un peu d'ennui.

Sam Isaac

Les New Cassettes sont plus convaincants. Un air assez mainstream, qui rappelle parfois les Killers ou U2 (?!) d'un peu trop près, mais une basse très new wave assombrit joliment tout ça. La qualité des chansons est inégale, mais c'est un groupe à suivre.

New Cassettes


La soirée se conclut par une très intéressante découverte. Du rap dansant et drôle pour parler de sujets trop tabous dans le Royaume-Uni d'aujourd'hui: être musulman, penser le terrorisme, dénoncer Big Brother... ça n'a l'air de rien, mais ce n'est pas si facile dans une Angleterre pas encore sortie du blairisme, ni d'Irak. Le chanteur, Riz MC, s'est d'abord fait connaître comme acteur (sous le nom de Rizwan Ahmed) en jouant un terroriste dans le film de Michael Winterbottom The Road to Guantanamo. Il a plus tard été arrêté à l'aéroport de Luton, soupçonné d'être vraiment un terroriste, avant d'être relâché avec les excuses des autorités (et après pas mal d'entorses au habeas corpus, si on l'en croit). Il joue également dans une série télévisée diffusée en ce moment par Channel 4, Britz, qui sonde l'esprit d'un frère et d'une soeur anglais et musulmans... Bref, Riz MC est quelqu'un qui vit son sujet de l'intérieur, et quand il chante ce fort sympathique "Post 9/11 blues", on sent qu'il sait de quoi il parle. Point ici de musique "engagée" du genre la-guerre-c'est-mal (énervant, même si, oui, la guerre c'est mal), mais une pincée de poil à gratter très vertueuse, à défaut d'être franchement révolutionnaire.

Riz MC

Et le concert se termine dans la joie et la bonne humeur avec tous les musiciens de la tournée venant sur scène jouer ensemble (jouer, pas que de la musique, hein, c'est qu'on s'amuse comme des petits fous dans les minibus visiblement...)