mardi 17 juin 2008

L'heure des bilans

Le 10 juin, Her Name Is Calla, dont j'avais déjà parlé il n'y a pas très longtemps (), m'invite à venir les réécouter à Londres, pour me remercier d'avoir constitué leur public à moi toute seule la dernière fois. Ça fait bien plaisir de les voir encouragés par une foule un peu plus conséquente. Leur performance est sensiblement égale à la fois précédente, même si le charme familial est, ce soir, rompu. Tant mieux, finalement. Ils sont là pour le lancement de leur album, The Heritage, un disque très sombre et assez différent de ce qu'ils font en concert.

Her Name Is Calla

The Monroe Transfer, qui apparaît sur une piste de The Heritage, assure la première partie, et rejoint Her Name Is Calla sur scène pour un final un poil bruyant. The Monroe Transfer tend vers un prog symphonique un peu excessif, et on ne voudrait pas encourager Her Name Is Calla à pousser trop loin dans cette voie qui visiblement les tente aussi. Mon stylo a même lapsé à l'occasion: voulant écrire "too much", je gribouille "tout moche". Mais globalement, le concert est bon et je continue de soutenir ces petits bien sympathiques.

The Monroe Transfer

Avant eux, également, quelque chose d'assez sublime: Alice Gun. On pourrait croire que c'est une chanteuse folk comme une autre qui se distingue seulement par la qualité exceptionnelle de sa voix. Mais on est vite détrompés: le folk est détourné, à la fois épuré de son romantisme souvent niais, et tiré vers des expériences beaucoup plus limites, très sombres, mais toujours simples.

Alice Gun

Le lendemain, j'étais de retour sur le continent. L'Angleterre et ses concerts, c'est donc fini pour moi: je ne peux même pas compter combien j'en ai entendus, mais sans doute une bonne cinquantaine, en neuf mois d'exil. Depuis janvier, j'écris pour This Is Fake DIY, et depuis hier, dans Sound of Violence, en français. Les prochains mois se passeront entre Berlin et Paris, le blog ne s'arrête pas, il paraît qu'il y a des choses qui se passent aussi de ce côté-ci de la Manche.

jeudi 12 juin 2008

Les gros lourds de minuit


Midnight Juggernauts: le groupe qui va succéder à JUSTICE dans les tubes de l'été électro... Déjà que JUSTICE, je n'adore pas... Chouette. Et donc, je suis allée les voir en concert à Londres; c'était produit par la radio teenage Xfm.

Ils sont de ceux qui essaient de mêler la performance du rock au son de l'électro; donc on ne les voit pas mixer (ils se samplent eux même à la pédale, pour le reste, c'est du son préenregistré), et ils essaient de se comporter avec leurs intruments comme s'ils étaient de vrais rockers. Mais ils n'ont absolument aucune marge de manoeuvre, et on n'a droit qu'a une consciencieuse resucée des morceaux de l'album (déjà bien consciencieux).

C'est drôle comme, dès qu'ils ont l'air de se donner un peu à ce qu'ils font, ça met le public en extase... Enfin, ça m'a vraiment collé mal au crâne. Alors que leur démarche n'est pas inintéressante en elle-même (construction d'une ambiance spatiale, sons énervants de sirène qui maintiennent tout le sucre romantique dans un deuxième degré salvateur), tout reste trop froid, mécanique et distant.

Alors comme chaque année, les conseils de l'été: pas oublier la crème solaire, mettre un chapeau et se méfier de la hype.

mardi 3 juin 2008

Carnet

Bo Diddley est mort.

Je laisse aux Animals le soin de raconter l'histoire:
free music

samedi 31 mai 2008

Tortue Violette

Pour cause de mémoire à finir (toujours pas fini), de déclaration d'impôt à faire (toujours pas faite), de pluie (toujours toujours) et d'un sentiment de profonde lassitude à l'idée de devoir une fois encore courir après le dernier train, celui qui met une heure et demi, à passer toute seule sans chauffage, je ne suis pas allée écouter les excellents Ten City Nation l'autre soir. J'ai en plus sans doute laisser passer ma dernière opportunité d'essayer ce bar mythique de Camden qu'est The Purple Turtle.

Mais leur album m'a tellement réjouie qu'ils méritent un post quand même. On est face à du vrai rock, sombre et dense, à mille lieux des explorations dandyesques et par ailleurs magnifiques des Libertines et de leurs multiples avatars. Ten City Nation sont là pour nous rappeler que cette musique est adolescente et violente, et ils le font bien, dans la lignée des géniaux Sons and Daughters dont j'avais déjà parlé ici. La voix, haineuse à souhait, rappelle le dernier album de Black Rebel Motorcyle Culb, autour d'influences qui vont de Queens of the Sone Age à Nirvana. Mais ils sont suffisamment talentueux pour ne pas sentir la resucée du rock d'antan: l'oeuvre au noir poursuit la même recherche, mais avec une obstination suicidaire qui en renouvelle la valeur.

Et, ce qui est encore plus sympathique, leur album est disponible en téléchargement gratuit et légal sur leur site.

Ten City Nation

Bonne écoute.

jeudi 29 mai 2008

C'est bien parce que c'est toi


Oh, une belle page myspace toute neuve! Et un bel EP de promo pour le futur plus grand jazzman de tous les temps!

Le sublime, formidable et dément Hillel Schlegel, également connu dans le milieu de la "nuit parisienne" sous le nom de MC Jack, est un pianiste d'exception qui s'apprête à révolutionner le monde du jazz par ses improvisations débridées et subtiles, et sa culture immense qui le rend capable de reprendre n'importe quel morceau du répertoire et de le transformer en expérience post-free.

Ce génie, que dis-je, ce Dieu vivant, last of the white niggers, est écoutable ici:

Hillel Schlegel

Tu m'envoies ton EP? Et un chèque en passant pour me remercier de faire ta promo?

lundi 26 mai 2008

Beat ecstasy

Slim Gaillard:

« He'll sing 'Cement Mixer, Put-ti Put-ti' and suddenly slow down the beat and brood over his bongos with fingertips barely tapping the skin as everybody leans forward breathlessly to hear; you think he'll do this for a minute or so, but he goes right on, for as long as an hour, making an imperceptible little noise with the tips of his fingernails, smaller and smaller all the time till you can't hear it any more and the sounds of trafic come in the open door... » Jack Kerouac, On the Road.


Pourtant, à force de travailler sur ce bouquin, je sens que l'écriture de Kerouac n'est pas une écriture bop, mais une écriture free: du Coltrane et non du Charlie Parker ou du Slim Gaillard. Mais c'est vrai que "Cement Mixer" est un morceau d'anthologie. Orooni orooni.

dimanche 18 mai 2008

Supporting support

The Borderline, pub en sous-sol près de Charring Cross Road, accueillait l'album launch party de Laurel Collective. Je ne m'attarderai pas sur eux, qui ont fait une bonne performance bien dansante, petite machine bien rôdée à faire des tubes gentillets. Je commence à en avoir marre de tous ces branleurs. Je viens d'écouter leur album, je ne sais même pas quoi écrire tellement la banalité mollasse me fatigue. (C'était la râlerie bien peu productive de la semaine).

The Laurel Collective

J'espère que Björk, qui se baladait dans le public, est plutôt venue pour Micachu, qui assurait la première partie. Parce que là, ce petit bout de femme aux airs de garçon manqué sait quoi faire de ses dix doigts. Elle s'amuse avec ses mini-guitares, qui semblent sorties de sa malle à jouets, et en fait sortir des sons complètement inattendus. Sa voix passe du grave à l'aigu de manière tout aussi incompréhensible, et s'énerve dans une rage bien adolescente (mais adolescence bien talentueuse) contre les "worst bastards" du monde. De la pop? du rock? de la vraie de vraie club-music? En tout cas, du bon son pour les hanches et les oreilles.

Micachu

Et un peu avant, les fort sympathiques Naked and the Boys, rock avec contrebasse, joliment rétro, un peu strokesien et bien pensé.

Naked and the Boys

jeudi 15 mai 2008

Performance, parce que c'est bien


C'était annoncé sur le ticket: pas de première partie, et un concert de 3h. Je m'attendais donc à un show intense et à de longs délires instrumentaux, à la manière d'impros jazz infinies.

Finalement, Ween a juste fait un concert rock tout ce qu'il y a de plus normal, mais pendant deux heures et demi. Tout simplement parce qu'ils ont l'air d'être plutôt bien sur scène, et que le public est suffisamment chaud pour les porter tout ce temps, qu'on ne sent pas passer. Entre tango (et une cucaracha pas piquée des hannetons) et prog afro-cubain, bref, du vrai rock, Ween reste fidèle à son image - guère plus, mais c'est déjà pas mal.


Ween

mercredi 7 mai 2008

Weariness

J'avais ouvert ce blog avec le très beau Control, d'Anton Corbjin. On se demande pourquoi, moins d'un an après, certaines personnes ont pu juger pertinent de sortir un nouveau film sur Joy Division. Joy Division - The Documentary se veut visiblement le pendant "objectif" de l'exploration biographique très orientée et très romantique de Corbjin; vidant le sujet de cela même, donc, qui faisait sa richesse esthétique et critique.

Ce qu'on nous sert aujourd'hui n'est rien d'autre qu'un montage vite fait mal fait d'images d'archives retravaillées, d'interviews inintéressants se concentrant sur l'anecdotique (suicide final compris: comment les membres du groupe l'ont-ils appris?????) Bref, c'est digne de la presse de caniveau. Le rock est à la mode, on passe les icônes à l'eau de javel sous prétexte d'informer, et on refuse de s'interroger sur l'art. La musique populaire, traitée avec populisme.



Un seul bon mot, qui m'a plu: le passage du punk à la new wave, c'est le passage de "fuck you" à "I'm fucked".

I'm so fucked, sometimes.

vendredi 2 mai 2008

Manchester - Barcelona 1 -0

Évidemment, le foot, je m'en fous, mais il faut croire que ce soir-là tout Londres avait décidé de rester devant sa télé au lieu de sortir écouter de la bonne musique. Bande de pleutres. Enfin, tant mieux, j'ai pu papoter deux heures avec les groupes qui, donc, n'ont joué que pour moi. Sympa.

Sleeping Dog, c'est une femme, Chantal, qui chante, accompagnée de temps en temps par son copain (qui a un peu le trac). Originaires de Hollande, ils vivent maintenant dans une ferme aux environs de Bruxelles et élèvent des chevaux et des enfants. Ils n'ont pas un rond, et en tournée ils se logent dans des auberges de jeunesse bab tenus par des espèces de soixante-huitards anglais près de St-Pancras. Ils ont laissés la mouflette de un an et quelques à la maison; Chantal est enceinte de huit mois et deux semaines et à un peu peur que son deuxième enfant ne naisse sur scène, mais elle se dit qu'au moins ce sera rock'n'roll. Ses chansons sont tout en simplicité, comme leur univers; mais grâce à la subtilité de ses orchestrations (très prog), elle ne tombe pas dans la fadeur d'une énième chanteuse à texte. Peut-être parce que j'ai eu la chance de pouvoir leur parler, et d'écouter leurs réflexions sur la musique, la composition et la performance, que j'ai été sensible à leur désir de ne pas répéter, ou presque, pour avoir tout à dire au moment où cela importe, leurs chansons m'ont remuée.

Sleeping Dog

Ensuite, Her Name Is Calla, qui termine sa tournée anglaise et qui déprime un peu de n'avoir comme public que le groupe précédent, trois potes, deux barmen et moi (qui vient quand même pour couvrir leur concert, donc qu'ils ne se plaignent pas trop). Demain, ils retournent à leur day jobs. Alors, ils mettent du coeur à l'ouvrage, même si c'est juste pour eux et pour quelques oreilles a priori indulgentes. De longs délires instrumentaux dans lesquels on se perd comme dans des forêts angoissantes, un chant rare mais beau et une batterie très militaire construisent des ballades épiques inclassables, du bruit loquace et profond. Au-delà de l'atmosphère familiale de la soirée, on se retrouve plongé dans leurs labytinthes. Une de mes meilleures découvertes ces derniers temps.

Her Name Is Calla

jeudi 24 avril 2008

À la mode de Londres

Petit passage en revue des musiciens qui font la une en Angleterre en ce moment, qu'ils soient Britanniques ou Américains. Une impression générale: oui, il y a plein de gens qui font du bon rock en ce moment, mais ils sonnent un peu tous pareil... Heureusement, il y a quand même du plaisir à y prendre.

The Last Shadow Puppets: oui, évidemment, ils sont bourrés de talent, et ça fera des bons tubes dans les boîtes de nuit. Ça ressemble beaucoup à Arctic Monkeys - forcément, puisque c'est l'autre groupe d'Alex Turner - en plus orchestral, et à Bloc Party, en plus teenager; ils font des bons petits singles pleins d'un romantisme pompier plutôt bien utilisé. Bref, complètement inintéressant mais plaisant: autrement dit, vraiment bon, vraiment actuel, et qui ne fera pas de vagues.

Blood Red Shoes: dans la même veine, quoique plus proches de Franz Ferdinand, ils aiment bien les tons un peu dramatiques, et sont dénués, là encore, de toute originalité. On les voit bien, dans une quizaine d'années, dans une rubrique "les oubliés du rock revival des années 2000" à Rock&Folk. Mais, comme on a aimé Franz Ferdinand, on les aimera aussi.

The Black Keys: Cette fois, le mélange d'influences parvient à faire monter un peu la sauce. De l'"indé" (comme je déteste ce mot) un peu sombre, un peu bluesy, finement ouvragé et qui trouve à dire des choses. La construction, sèche et complexe, penche, ne serait-ce qu'un peu, du côté du prog et du psyché, comme un Amon Düul complètement dépressif, avec un crooner torturé. Bonne surprise.

Lizz Wright: cette fois, ce n'est pas du rock; je ne parle pas assez de soul (et de néo-soul) ni de jazz ici, alors pour me rattrapper, je vous présente cette voix de contralto sublime, formée dans les chorales religieuses du Sud américain. Comme Amy Winehouse (avec laquelle elle n'a cependant pas grand chose à voir), elle n'invente rien, marchant dans les pas de Spanky Wilson et Mavis Staple, sans atteindre aux expérimentations sonores d'une Érikah Badu. Mais, comme l'on dirait pour Amy: mon dieu, quelle voix.

mercredi 23 avril 2008

Vienne dépressive

J'ai cru un instant que ce n'était encore qu'une de ses sensations jetables, une petite voix avec un gentil piano (ou une guitare) derrière, doucement rebelle et romantiquement moderne: toutes les Dawn Landes (au demeurant excellente dans son genre) et Doctors and Dealers qui tombent dans ma boîte aux lettres ces temps-ci.

Mais le phénomène autrichien Soap&Skin, bien que rentrant dans la catégorie "jeune fille avec le mascara qui coule", fait montre d'un talent inattendu. Attention, la douceur est ici toujours feinte; et la (très) jeune femme connaît sa prog-électro et sait aussi mixer, jouant avec sa propre image et pleine de faux-semblants.

On attendra l'album avant de crier au génie, mais les premières chansons valent le détour. Il faut, bien sûr, les écouter jusqu'au bout (à l'adresse de ceux qui seront découragés par les premières notes si classiques), leur propos ne prend sens que dans la durée d'une lente déconstruction. Rimbaldien.

Soap&Skin

samedi 19 avril 2008

Laisse le sang pisser, c'est du rock'n'roll


Pour se convaincre que Schnabel est vraiment un tâcheron sans talent, il suffit d'aller voir le film de Scorsese sur les Stones, Shine a Light. Berlin (qu'on a supporté parce que Lou Reed) ne tient tout simplement pas la comparaison.

Évidemment, ils pètent le feu, et rien que ça, c'est impressionnant. Sous les rides, la plage. D'ailleurs, il faudrait arrêter de parler des papys du rock; il n'y a pas à dire, ils ne sont pas encore prêts pour la maison de retraite. J'ai beau m'énerver contre les conservateurs qui pensent que l'histoire de la musique s'est arrêtée à la mort de John Lennon, les Stones sont bons et sont toujours bons, et mieux vaut de la bonne musique d'il y a vingt ou trente ans que les Courteeners.

Ensuite, Scorsese est sacrément en forme aussi, et on a donc non seulement un bon concert mais aussi un bon film. Son montage est une réussite assez rare dans l'exercice du concert filmé, car il n'a pas peur de faire, justement, un film, et sait saisir les expressions fugaces, accompagner les poses d'un zoom fassbindérien, et attrapper au vol le bonheur de la performance. Mais aussi, il dépasse le simple exercice. Les images d'archives qui viennent ponctuellement illustrer la carrière des Stones ne sont pas que des clips humoristiques; elles viennent aussi faire sens, insérées dans ce concert de la maturité, comme des preuves que la jeunesse anarchique, qui aujourd'hui n'est plus qu'un cliché, a pu avoir une signification formelle et se prolonge aujourd'hui dans une expérience scénique intacte. L''enrobage, certes, s'est assagi (les Clinton viennent serrer des louches avant le concert), le spectacle continue de fasciner par son esprit, oui, rock'n'roll.

Seul le public, peut-être, a changé.

Scorsese, presque brechtien dans sa démarche, met en scène sa propre mise en scène, reflétant ainsi le processus de critallisation du mythe: la question n'est plus, comme dans une banale biopic musicale, comment le toucher sans le violer, mais comment montrer sa construction tout en y participant.

I can get my satisfaction.

jeudi 17 avril 2008

Billet haineux

L'Angleterre est secouée en ce moment par un terrible scandale, qui divise les médias et déchire les familles: Jay-Z à Glastonbury.

Oui, ça suffit pour donner au pays de la réforme calme des airs d'Affaire Dreyfus. Toi pas comprendre? Moi non plus. Les anti-Jay se fondent sur la tradition, pilier de la société, qui veut que Glastonbury soit un festival de rock et que les rappeurs devraient donc en être exclus. Ce con de Noel Gallagher, qui ne se sent plus depuis que deux albums d'Oasis se retrouvent en tête d'un énième classement des meilleurs albums anglais de tous les temps (Q magazine de ce mois), a expliqué très énervé que Glastonbury, c'était fait pour la musique à guitare. Oui, évidemment, il faudrait même préciser la guitare accoustique, car voyez ce que Dylan est devenu après. Le rock serait un pays dont les piliers seraient les chanteurs mielleux à succès (qui rendent les filles cruches) et la guitare (qui permet la communion de la nation autour d'un feu de camp); ses ennemis éternels, ce seraient peut-être les renois des ghettos? Devant tant de connerie, je crois qu'Emily Eavis, organisatrice du festival, n'a pas eu tout a fait tort en évoquant une forme de racisme (au moins social) émanant de la bien-pensance snob du pays.

Glastonbury, mythique donc risquant le toc, est un festival au public vieillissant, parce que trop cher, évidemment; et ce public vieillissant, en partie, semble ne pas accepter que l'histoire de la musique ait pu continuer après les Stones (au programme de l'an dernier je crois...). Je n'ai pas envie de prendre le même ton que Manoeuvre quand il essaye de défendre les Plasticines, mais après tout, c'est vrai, ces quadras frustrés n'ont qu'à rester chez eux à lire Classic Rock Magazine.

Du coup, le festival n'est pas encore complet, mais là encore il faut acheter les places avant que la programmation ne soit dévoilée, alors, même pour Jay-Z, je ne vais pas lever mon boycott sur les giga-messes britanniques.

En revanche, les Eurockéennes viennent de dévoiler leur programmation entière et c'est plus qu'alléchant (Gossip, Cat Power notamment). Cocorico.


Glastonbury

Les Eurockéennes

jeudi 3 avril 2008

Krautelectro

J'ai dû, parce que ma vie est faite comme ça, écouter l'album de Sébastien Tellier en entier deux fois.

Pour me remettre, un peu de Wu-Tang Clan, et une déesse teutone. Gudrun Gut a un nom à faire du porno de genre, mais elle préfère faire de la musique, et depuis les années 80 elle travaille au corps la scène underground berlinoise. C'est donc plutôt de l'électro, mais pas de la bête musique qui se danse: c'est très très intello sans être jamais lourd; cultivé et inspiré du blues, du Krautrock (et du prog en général) et de ballades romantiques. Écoutant "Pleasuretrain" et "Rock Bottom Riser", j'ai enfin compris que la meilleure électro est celle qui joue toujours la fusion. Et c'est complètement génial, je n'en dis pas plus.

Gudrun Gut