Je ne vais pas me battre avec les imbéciles soi-disant "puristes" qui vous disent "On ne reprend pas les Doors. Qui tu veux, mais pas les Doors". Oui, les Doors, c'est absolument génial et indépassable, ça ne veux pas dire qu'on ne peut pas faire des choses différentes bien que déférentes à partir de leurs chansons. A condition de se rappeler qu'une bonne reprise n'est pas une activité de
tribute band (comme les Rabeats, des groupes qui essayent de vous faire croire que les Beatles sont encore vivants, la preuve, ils ressemblent presque aux vrais), mais demande une créativité supérieure à la composition d'une chanson originale. Trahir, oui, par amour.

Tout le monde connaît le "Light my fire" des Doors, et y reconnaît le génie psychédélique de Morrison. Parmi les innombrables versions qui en existent, je vous en propose une -- j'avais très envie de parler aussi de celle de Julien Doré (oui, le Julien de la Nouvelle Star, non, je ne suis pas une minette, ou si peu), à qui l'on est bien obligé de reconnaître un certain talent... Mais il est tellement meilleur dans les chansons de filles que je vous garde son apologie pour une autre fois.
C'est donc celle de Julie London. Si vous ne connaissez pas Julie London, précipitez-vous pour voir ce film génialissime dans lequel elle apparaît (et chante "Cry

me a river", j'en pleure encore),
The girl can't help it (traduit pathétiquement en Français
La blonde et moi). Qu'on ne se méprenne pas, ce n'est pas une bête comédie musicale à happy ending, ça vous donne bien envie de danser mais sans le côté cucul la pralouze de
My fair lady. Le premier film musical rock, faisant appraître les pionniers du binaire (Gene Vincent, Eddie Cochran, The Platters....): un must-seen, j'espère que je me suis bien fait comprendre. En tout cas, si la version de Julie tend plutôt vers le jazz (jolie clarinette), on ne peut pas dire qu'elle soit plus jazzy que celle des Doors, dont le rock est aussi fondé, dans une certaine mesure, sur un chromatisme exacerbé. Ce qu'elle a d'original, donc, c'est, je crois, son extrême érotisation. Julie London a une voix superbe, mais elle ne s'en sert pas comme d'un appât: elle en fait l'expression de sa douleur de femme fatale, forcément malheureuse, pathétique, alcoolique, seule, et belle. Ce n'est plus la passion ravageuse qui est chantée ici, juste cette lassitude qui vous fait allumer une clope. Faussement dansant, vraiment tragique.
Et retenez la maxime du jour:
reprendre, c'est trahir par amour. Moi, je trouve ça très beau, vraiment.
2 commentaires:
Wah, je n'aurais jamais cru que tu allais finir par accepter Julien! Incroyable! En tout cas, il sort pas de la star ac, mais de la nouvelle star. Tu vas me dire que c'est pareil, mais alors tu vas susciter un débat houleux sur ton blog, je ne te dis que cela.
Salut (Fifi?)
Merci pour l'info, je fais la correction de ce pas. Je ne sais pas si c'est pareil, je n'ai pas la télé, alord je n'entrerai point dans ces débats extrêmement profonds qui agitent les spécialistes des médias à Science Po et Harvard.
Chloé
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