Pour se convaincre que Schnabel est vraiment un tâcheron sans talent, il suffit d'aller voir le film de Scorsese sur les Stones, Shine a Light. Berlin (qu'on a supporté parce que Lou Reed) ne tient tout simplement pas la comparaison.
Évidemment, ils pètent le feu, et rien que ça, c'est impressionnant. Sous les rides, la plage. D'ailleurs, il faudrait arrêter de parler des papys du rock; il n'y a pas à dire, ils ne sont pas encore prêts pour la maison de retraite. J'ai beau m'énerver contre les con
Ensuite, Scorsese est sacrément en forme aussi, et on a donc non seulement un bon concert mais aussi un bon film. Son montage est une réussite assez rare dans l'exercice du concert filmé, car il n'a pas peur de faire, justement, un film, et sait saisir les expressions fugaces, accompagner les poses d'un zoom fassbindérien, et attrapper au vol le bonheur de la performance. Mais aussi, il dépasse le simple exercice. Les images d'archives qui viennent ponctuellement illustrer la carrière des Stones ne sont pas que des clips humoristiques; elles viennent aussi faire sens, insérées dans ce concert de la maturité, comme des preuves que la jeunesse anarchique, qui aujourd'hui n'est plus qu'un cliché, a pu avoir une signification formelle et se prolonge aujourd'hui dans une expérience scénique intacte. L''enrobage, certes, s'est assagi (les Clinton viennent serrer des louches avant le concert), le spectacle continue de fasciner par son esprit, oui, rock'n'roll.
Seul le public, peut-être, a changé.
Scorsese, presque brechtien dans sa démarche, met en scène sa propre mise en scène, reflétant ainsi le processus de critallisation du mythe: la question n'est plus, comme dans une banale biopic musicale, comment le toucher sans le violer, mais comment montrer sa construction tout en y participant.
I can get my satisfaction.
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