Le BRMC a choisi deux invités pour ouvrir la soirée: d'abord, Sarabeth Tucek,
une voix et une guitare. Une parfaite inconnue? Non, je mets quelques temps à la reconnaître, mais c'est la chanteuse du mini-album "We are the radio" du Brian Jonestown Massacre. Ses jolies ballades semblent moins construites quand elle n'est pas soutenue par le groupe d'Anton Newcombe; mais il reste une voix aérienne et un folk bien écrit qui valent définitivement le détour.Sarabeth Tucek
Ensuite, Nine Black Alps et leur rock franc du collier. Un groupe comme on en entend des centaines: gentiment énervé, doucement violent, écoutable à la récré et pas original. Fatiguant, ces petits jeunes doués mais pas très inventifs, qui ne font que surfer sur la vague.
Nine Black Alps
Venons-en à BRMC. Ils sont là pour soutenir leur quatrième album, et se défendent plutôt bien. La voix trop haineuse de certaines chansons des enregistrements est ici simplement et violemment désespérée. Une mélancolie essentielle qui colle bien avec les poses parfois dylanesq
ues du groupe: ainsi le chanteur, seul sur scène, avec sa guitare et son harmonica... La référence est appuyée mais l'hommage des plus naturels. Ensemble, leur goût de la répétition incantatoire et des rythmes faussement lents créent une atmosphère de communion et une violence sourde à l'opposé de l'hystérie à la mode, un sens du non-dit qui suggère la douleur sans la crier. Le Black Rebel Motorcycle Club a définitivement dépassé son statut de second couteau dans la petite famille du folk-rock américain, et a trouvé sa voix propre. De quoi trépigner sur sa chaise...
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