lundi 18 février 2008

Silencio!

Il y a quelque chose que je trouve toujours assez superbe dans un concert: quand les enceintes sautent et que le public est plongé dans le silence, tandis que le groupe a encore les retours et ne s'en rend pas compte, et continue de jouer tout naturellement. Avec Arcade Fires aux Eurockéennes, sur la grande scène, ç'avait été du plus bel effet. L'autre soir au 229, un petit club de Londres, les Raveonettes ont été d'un coup privés de voix, tandis que les instruments étaient encore parfaitement branchés. Joli.

A part ça, le concert fut bon de toute façon. Le duo mixte a un côté shoegaze qui lui fait éviter les grandes performances scéniques, mais sa qualité réside précisément dans ce côté mécanique et précis. Les deux voix sont tellement parfaitement synchronisées que ça en devient bizarre - donc intéressant. Leur rock enveloppant se prête bien à cette sorte de routine calculée, qui est en elle-même lourde de sens. Et ça n'empêche pas de bouger, le rythme, là aussi, est d'une efficacité mesurée. Pas un groupe qui fera les jeunes gens se précipiter en hurlant sur la scène, mais qui du coup permet de se concentrer sur l'essentiel, à savoir la musique.

The Raveonettes

En première partie, une chanteuse d'un tout autre genre, Ida Maria. Si je vous dis qu'elle vient de Norvège, vous aller sans doute espérer une autre de ses voix du froid, aériennes et lascives comme chez Björk ou El Perro del Mar. Eh bien, détrompez-vous, la Scandinave a le sang chaud et une voix sublime, rauque et puissante, qui aurait dû en faire une figure du jazz féminin. Mais c'est bien le rock qu'elle a choisi, et ça rend plutôt bien. La chanson "Better When You're Naked", en particulier, pleine d'excitation, de désir énervé, a donné lieu a une jolie performance, bien appréciée par le public qui a repris le refrain en choeur. À découvrir, en attendant l'album, en préparation.

Ida Maria

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