mercredi 13 février 2008

Nouveaux gourous

La tête d'affiche de cette soirée NME, c'était le quintette new-yorkais au nom imprononçable surtout pour un anglophone, Les Savy Fav. Les quelques titres que j'avais écoutés sur myspace ne m'avaient guère convaincue, mais il faut bien dire que live, c'est quelque chose.

Tout repose sur Tim Harrington, leader spirituel sinon véritablement musical, puisqu'il s'est cassé la voix assez vite. Ce type, qui ressemble à un gros nounours tout gentil, a un sens aigu du déguisement (de la combinaison moulante à paillettes rouges à la robe blanche et aux petites ailes d'un faux ange), mais il ne se contente évidemment pas d'être un clown, c'est un gourou. Son désir de communion avec le public, qui fait le désespoir des types de la sécurité, le fait sauter dans la foule et pousser des cris d'animaux pour un public surexcité. Tout lui est prétexte à faire joujou pour le bien du show, depuis des trompettes jouets à du papier toilette.

Mais il est temps de parler musique, car tout cela ne serait qu'amusant si c'était fait pour dissimuler une maigre qualité sonore. Or, malgré le handicap certain d'avoir un screamer à la place d'un chanteur, le groupe s'en sort extrêmement bien grâce à des musiciens excellents qui suivent docilement les élucubrations du machin qui s'agite au milieu, et produisent un excellent rock qui sait aussi aller voir du côté du blues, sans jamais jurer avec le ton métal de la voix de Harrington, dont les jeux m'ont rappelé Marylin Manson se masturbant sur scène (un moment plus drôle qu'autre chose, mais drôle). C'est aussi à Nebula qu'on pense, dans ce mélange réussit d'une ultra-violence a priori dans le chant, et d'une construction instrumentale très poussée, avec un goût pour le meilleur psychédélisme.

Bref, une expérience à vivre.

Les Savy Fav

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