samedi 16 février 2008

Persiste et signe!

Oui, c'est sûr, c'est dur de faire de la musique en Angleterre après les Libertines. Car s'ils resteront comme le groupe le plus important de la première décennie du siècle, ils ont aussi provoqué une vague de vocations dont la grosse majorité ne cherche qu'à faire pareil qu'eux. Ça donne des Metros, des New Cassettes, des Holloways, et oui, c'est saoulant.

Cela étant dit, je tiens à me démarquer d'une branche de la critique qui, par peur de tomber dans l'admiration béate pour tous ces sous-produits de l'histoire, condamne par avance n'importe quel groupe anglais qui fait du rock: seraient-ils tous d'emblée suspects dès lors qu'ils arrivent après monsieur Doherty? De plus, contrairement à ce qui s'est passé en France après la fin (provisoire?) de Noir Désir, où un ramassis de petits groupes (Luke, Deportivo, Eiffel et autres) a voulu occuper l'espace ainsi libéré sans qu'aucun ne fasse preuve de qualité ou d'originalité, ici, merci, il y a encore de bonnes choses à entendre. (Et je préviens d'emblée les commentaires: oui, je sais, Eiffel ou Mickey 3D n'ont pas attendu que Bertrand s'éclipse pour exister, il n'empêche, ils n'ont jamais atteint son niveau).

J'ai adoré le premier album de Vincent Vincent and the Villains (que je vous avais fait découvrir quand j'avais parlé des Black Cab Sessions, voir la vidéo dans l'article Taxi à Londres). Mais une critique massacrante d'un des titres a réussi à me faire douter de mes goût musicaux. Après réécoute et réflexion, je persiste et signe.Oui, ils sonnent très folk US 50's, mais contrairement à un groupe (fort sympathique au demeurant) comme les Pipettes, leur crédo n'est pas le kitsch rétro, mais une vrais sincérité, très touchante. Le chanteur a une de ces voix puissantes et charnelle qui vous remuent. Et surtout, ils arrivent à réunir des éléments de sentimentalisme et de réalisme (l'Angleterre post-Thatcher, c'est pas toujours beau à voir), avec ce bonheur propre à la bonne country ou au bon hip-hop. Oui, c'est là ce qu'on appelle de la musique populaire, mais c'est bel et bien un compliment. Des choeurs qui rappellent les negro spirituals (l'album s'appelle "Gospel Bombs"), une guitare qui a quelque chose du flamenco-rock d'Eric MacFadden, une sorte de mélancolie optimiste, profondément moderne.

En bref, rien à voir avec de quelconque wannabes, mais une vraie originalité. Sortie le 10 mars...

Vincent Vincent and the Villains

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